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Le cabinet B&M avocat est spécialisé dans l’accompagnement juridique des PME/TPE et de leurs dirigeants en droit des affaires et droit du travail.

Conçue comme un véritable partenariat, l’offre que nous proposons allie les compétences traditionnelles du cabinet d’avocats (rédaction d’actes, résolution des litiges et maîtrise des techniques juridiques) aux voies alternatives et novatrices (les avocats et juristes du cabinet sont formés au Droit Collaboratif).


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  • Actualités

    • LOI SAPIN 2 du 9 décembre 2016 entrée en vigueur le 11 décembre 2016  Suppression de l’obligation de nommer un commissaire aux comptes suppléant et modification des statuts. Les sociétés soumises à l’obligation de nommer au moins un commissaire aux comptes n’ont plus l’obligation de nommer un commissaire aux comptes suppléant, sauf lorsque le commissaire aux comptes titulaire désigné est une personne physique ou une société unipersonnelle (C.mon.art.L823-1 modifié). Le comité de coordination du registre du commerce et des sociétés (CCRCS) a apporté des précisions sur la nécessité ou non de modifier les statuts à l’occasion de l’expiration du mandat de commissaire aux comptes suppléant (délibération du 19-12-2018) pour les sociétés qui souhaitent opter pour la suppression de la suppléance. Le CCRCS distingue trois cas de figure : 1er cas de figure : les statuts ne prévoient pas la désignation d’un commissaire aux comptes suppléant et se bornent, le cas échéant, à nommer le nom des premiers commissaires aux comptes comme cela est prévu pour certaines formes de sociétés. Il n’est alors pas nécessaire de procéder à la modification des statuts, il suffit de s’abstenir de renouveler le mandat du commissaire aux comptes suppléant. 2e cas de figure : les statuts prévoient la désignation d’un commissaire aux comptes suppléant « en application de l’article L823-1 du Code de commerce », sans autre précision : aucune modification des statuts n’est nécessaire puisque c’est précisément cet article qui a été modifié et qui prévoit la nouvelle exemption. 3e cas de figure : les statuts prévoient la nomination d’un commissaire aux comptes suppléant sans faire référence à l’article L823-1 du Code de commerce : une modification des statuts s’impose, la société restant statutairement soumise à l’obligation de nommer un commissaire aux comptes suppléant.   LOI 2018-727 du 10 août 2018 - Mesure en vigueur pour les exercices clos à compter du 11 août 2018 : Les petites entreprises dispensées de rapport de gestion.  Les petites sociétés commerciales sont désormais dispensées de l’obligation d’établir un rapport de gestion. Jusqu’à présent, seules les EURL et les SASU dont l’associé unique, personne physique, assumait la gérance ou la présidence de la société étaient dispensées de l’obligation d’établir un rapport de gestion à la clôture de chaque exercice. La loi pour un État au service d’une société de confiance étend cette dispense à toutes les petites sociétés commerciales, quelle que soit leur forme, qui ne dépassent pas, à la clôture de l’exercice, 2 des 3 seuils suivants : 4 M€ de total de bilan ; 8 M€ de chiffre d’affaires net, 50 salariés (nombre moyen de salariés au cours de l’exercice). Ces seuils s’apprécient de la manière suivante : Le total du bilan est déterminé par la somme des montants nets des éléments d’actif ; Le montant du chiffre d’affaires correspond au montant des ventes de produits et services liés à l’activité courante de la société, diminué des réductions sur vente, de la TVA et des taxes assimilées ; Le nombre moyen de salariés s’entend de la moyenne arithmétique des effectifs à la fin de chaque trimestre de l’exercice, en ne tenant compte que des salariés liés à l’entreprise par un CDI. Certaines entités sont exclues de la dispense même si elles ont la qualité de petite entreprise : banque, société de financement, entreprise d’assurance et de réassurance, mutuelle, société faisant appel à la générosité publique et celles dont l’activité consiste à gérer des titres de participation ou des valeurs mobilières. La Loi supprime corrélativement les dispositifs d’allègement du rapport de gestion des petites entreprises, qui avaient été introduits pour les exercices ouverts à compter du 1-1-2017, lesquels sont désormais sans objet.   DÉCRET 2018-146 du 28 février 2018 : JO 2-3 texte n°10 relatif à l’ordonnance 2017-747 du 4 mai 2017 précisant les nouvelles modalités de consultation des associés en assemblée. Inscription de points ou de projets de résolution à l’ordre du jour des assemblées de SARL. L’ordonnance autorise, on le rappelle, un ou plusieurs associés détenant 5% des parts sociales à faire inscrire, comme dans les SA, des points ou projets de résolution à l’ordre du jour de n’importe quelle assemblée (C.com.art.L223-27, al.5). Cette faculté s’appliquera aux assemblées convoquées à compter du 1er avril 2018 (Décret art.12). Lorsqu’un associé veut user de la faculté de faire inscrire un point ou un projet de résolution à l’ordre du jour d’une assemblée, il peut demander à la société, par lettre simple ou recommandée ou par courrier électronique, de l’aviser selon l’une de ces modalités de la date prévue pour la réunion de l’assemblée. La société est tenue d’envoyer cet avis par lettre simple ou recommandée, si l’associé lui a adressé le montant des frais d’envoi de cette lettre, ou par un courrier électronique à l’adresse qu’il a indiquée (C.com.art.R223-20-2 nouveau ; Décret art.3). La réponse de la société  par courrier électronique en lieu et place d’un envoi postal n’est possible que si la société l’a proposée aux associés soit par voie postale, soit par voie électronique, chaque associé pouvant donner son accord écrit par lettre recommandée ou par voie électronique au plus tard 20 jours avant la date de la prochaine assemblée. En l’absence d’accord de l’associé, la société doit répondre à l’associé par voie postale dès lors que les frais d’envoi lui ont été adressés (C.com.art. R 223-20 modifié et R 223-20-2). L’article R223-20-2 ne fixe aucun délai de réponse. On peut penser que la société est tenue d’aviser l’associé dans un délai raisonnable. Si la société indique que l’assemblée doit se tenir dans les 25 jours, l’associé ne pourra pas exercer son droit puisqu’il sera hors délai pour le faire. Pour être recevable, la demande d’inscription à l’ordre du jour doit être adressée à la société, par lettre recommandée AR ou courrier électronique avec accusé de réception, 25 jours au moins avant la date de l’assemblée (C.com.art.R223-20-3, al.1 nouveau ; Décret art.3). L’article R 223-20 du Code de commerce tel que modifié par l’article 2 du décret précise que la société peut recourir à la communication électronique en lieu et place d’un envoi postal pour satisfaire aux formalités mises à sa charge, notamment par l’article R 223-20-3. Or, ce dernier texte ne met aucune formalité à la charge de la société. Le renvoi opéré par l’article R 223-20 est donc sans objet. Comme dans la SA, la demande d’inscription d’un point à l’ordre du jour doit être motivée. Et la demande d’inscription d’un projet de résolution doit être accompagnée du texte de ce projet, lequel peut être assorti d’un bref exposé des motifs. Dès lors que les conditions de la demande ont été respectées, l’inscription des points et des projets de résolution concernés à l’ordre du jour s’impose à la gérance, qui ne peut donc pas se faire juge de leur opportunité. Les projets doivent alors être soumis au vote de l’assemblée (C.com.art. R223-20-3, al.2 s. ; Décret art.3). À notre avis, le gérant ne peut pas refuser d’inscrire à l’ordre du jour un point ou projet de résolution qui serait sans rapport avec l’objet de l’assemblée, car aucune disposition ne lie cette inscription aux questions à débattre. En outre, les associés n’ont pas nécessairement connaissance de l’ordre du jour de l’assemblée à la date où la demande d’inscription est présentée à la société. Aux termes de l’ordonnance, les points ou projets de résolution qu’un associé a fait inscrire à l’ordre du jour d’une assemblée doivent être portés à la connaissance des autres associés (C.com.art.L223-27, al.5). En l’absence de précision du décret sur ce point, les points ou projets de résolution en cause doivent à notre avis être portés à la connaissance des associés dans les mêmes conditions que les autres documents d’assemblée (envoi ou consultation au siège social, selon le cas ; C.com.art. R223-18 et R 223-19).   Tenue des assemblées de SA et de SCA exclusivement par visioconférence : Dans les SA et les SCA dont les actions ne sont pas admises aux négociations sur un marché réglementé, les statuts peuvent prévoir que les assemblées générales ordinaires et extraordinaires sont tenues exclusivement par visioconférence ou par des moyens de télécommunication permettant l’identification des actionnaires. Les actionnaires peuvent demander, pour chaque assemblée générale, la convocation d’une assemblée physique, puisqu’un ou plusieurs actionnaires représentant au moins 5% du capital social peuvent s’opposer à ce qu’il soit recouru exclusivement aux modalités de participation à l’assemblée par visioconférence ou par d’autres moyens de télécommunication (C.com.art.L225-103-1, al.1 et 2 et L 226-1). Le décret 2018-146 précise les modalités et conditions d’application de ce nouveau régime (C.com.art. R 225-61-1 s. et R 226-1). Ces nouvelles règles sont entrées en vigueur le 3 mars 2018 ; leur mise en œuvre effective nécessitera toutefois que les statuts des sociétés concernées aient été préalablement modifiés par une assemblée générale extraordinaire. Les statuts qui prévoient que les assemblées générales se tiennent exclusivement par visioconférence ou par des moyens de télécommunication doivent préciser si le droit d’opposition reconnu aux actionnaires s’exerce avant ou après les formalités de convocation (C.com.art. R 225-61-1 nouveau ; décret art.4) ; cela induit des modalités d’exercice différentes.   Droit d’opposition exerçable avant la convocation : Lorsque les statuts de la SA ou de la SCA prévoient que le droit d’opposition ne peut être exercé qu’avant la convocation, les sociétés doivent aviser les actionnaires de la date prévue pour la réunion de l’assemblée 35 jours au moins avant celle-ci, par lettre recommandée AR ou par courrier électronique avec avis de réception à l’adresse électronique qu’ils ont indiquée (C.com.art.R 225-61-2, al.1 nouveau ; Décret art.4). Le contenu de cet avis doit préciser la nature de l’assemblée ainsi que les points et le texte des projets de résolution que la société entend inscrire à l’ordre du jour de cette assemblée. L’avis doit rappeler également le droit des actionnaires de s’opposer au recours exclusif à des moyens dématérialisés pour la tenue de l’assemblée générale, ainsi que les conditions d’exercice de ce droit (C.com.art. R 225-61-2, al.2 et 3 nouveaux ; Décret art.4). De leur côté, les actionnaires doivent adresser à la société leur opposition à la tenue d’une assemblée générale dématérialisée, par lettre recommandée AR ou par courrier électronique avec avis de réception, 25 jours au moins avant la date de l’assemblée. Pour que la société puisse apprécier la condition de détention de la fraction du capital social nécessaire pour faire opposition, les actionnaires doivent joindre à leur opposition une attestation d’inscription en compte justifiant de leur représentation d’au moins 5 % du capital social (C. com. Art. R 225-61-2, dernier al. Nouveau ; Décret art.4).   Droit d’opposition exerçable après la convocation : Dans ce cas, l’avis de convocation doit contenir les mentions suivantes (C. com. Art. R 225-61-3, al.1 nouveau ; décret art.4) : Le rappel de l’existence d’un droit d’opposition au recours exclusif à des moyens dématérialisés pour la tenue de l’assemblée générale, ainsi que les conditions d’exercice de ce droit ; Le lieu où l’assemblée se réunira s’il est fait opposition à sa tenue exclusivement par des moyens dématérialisés. Les actionnaires doivent exercer le droit d’opposition dans un délai de 7 jours à compter de la publication de l’avis de convocation dans un journal d’annonces légales du département du siège social ou de l’envoi de cet avis par lettre recommandée AR ou par courrier électronique avec avis de réception (C. com. Art. R 225-61-3, al.2 nouveau ; Décret art.4). Les actionnaires doivent joindre à leur opposition une attestation d’inscription en compte justifiant de leur représentation d’au moins 5% du capital social, à l’instar de ce qui est prévu lorsque les actionnaires exercent leur droit d’opposition avant les formalités de convocation. En cas d’exercice du droit d’opposition, la société doit aviser les actionnaires par lettre simple ou par courrier électronique, au plus tard 48 heures avant la tenue de l’assemblée, que celle-ci ne se tiendra pas exclusivement par des moyens dématérialisés (C. com. Art. R 225-61-3, al. 3 nouveau ; décret art. 4).   DÉROULEMENT DE L’ASSEMBLÉE L’avis de convocation doit préciser que les actionnaires participent à cette assemblée exclusivement par visioconférence ou moyens de télécommunication (C. com. Art. R 225-66 al.3 nouveau ; Décret art.6). Si le droit d’opposition n’est ouvert par les statuts qu’après la convocation, l’avis de convocation doit comporter, en outre, les mentions relatives à l’exercice de ce droit (voir n° 11 s.). Feuille de présence La feuille de présence aux assemblées d’actionnaires doit notamment mentionner les noms, prénom usuel et domicile de chaque actionnaire présent ou réputé présent à raison de sa participation à l’assemblée par visioconférence ou par des moyens de télécommunication, le nombre d’actions dont il est titulaire, ainsi que le nombre de voix attaché à ces actions (C. com. Art. R 225-95, 1° modifié ; décret art. 7). Lorsque l’assemblée se tient exclusivement par visioconférence ou par des moyens de télécommunication, l’émargement de la feuille de présence par les actionnaires n’est pas requis (C. com. Art. R 225-95, dernier al. Nouveau ; décret art. 7). Procès-verbal En cas d’assemblée tenue exclusivement par visioconférence ou par des moyens de télécommunication, le procès-verbal peut être signé par signature électronique au moyen d’un procédé fiable d’identification de chacun des membres du bureau de l’assemblée (C. com. Art. R 225-106, al. 1 modifié ; décret art. 10). Le procès-verbal doit mentionner que l’assemblée s’est tenue par recours exclusif à la visioconférence ou à des moyens de télécommunication dans les conditions prévues par l’article L 225-103-1 (C. com. Art. R 225-106, al.2 nouveau ; décret art. 10).   LOI 2018-1317 : Suppression des droits d’enregistrement L’article 26 a modifié certaines dispositions contenues dans le code général des impôts, et notamment les articles 809 et suivants dudit code. En conséquence, pour certains actes l’enregistrement devient gratuit.  Bien que gratuite, la procédure d'enregistrement de ces actes est toujours une formalité obligatoire . Les apports purs et simples d’immeubles, droits immobiliers, fonds de commerce, clientèles, droit au bail à une société non passible à l’IS. Les apports purs et simples d’immeubles, droits immobiliers, fonds de commerce, clientèles, droit au bail à une société passible de l’IS par une société passible de l’IS. Les apports purs et simples d’immeubles, droits immobiliers, fonds de commerce, clientèles, droit au bail à une société passible à l’IS par une personne physique ou morale non passible de l’IS. Les apports à titre onéreux résultant de la prise en charge par la société du passif constaté lors de la mise en société d’une entreprise individuelle si l’apporteur s’engage à conserver les titres 3 ans. Les apports d’immeubles passibles de la TVA. L’augmentation de capital par incorporation de bénéfices, de réserves ou de provisions de toute nature. Les réductions de capital contre annulation ou réduction de nominal des titres, réduction de capital consécutive au rachat par la société de ses propres titres avec attribution de biens sociaux aux associés y compris du numéraire. Les actes qui constatent des opérations de fusion entre sociétés soumises à l’IS ainsi que la prise en charge du passif dont sont grevés les apports mentionnés dans ces actes, les scissions et apports partiels d’actifs. Les actes de dissolution qui ne portent pas transmission de biens meubles ou immeubles entre les associés ou autres personnes.
    • MAI
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    • L’intégration dans l’arsenal des outils répressifs à disposition de l’administration fiscale d’un nouveau dispositif d’abus de droit  a fait couler beaucoup d’encre et ce bien avant son application prévue pour 2020. L’attention générale focalisée sur ce sujet, une jurisprudence très alarmante de la Cour d’Appel de Paris du 20 décembre 2018 est  passée inaperçue. Elle fragilise, un pilier des droits de la défense du contribuable, ni plus ni moins que le droit de se prévaloir de la garantie de la doctrine antérieure de l’administration fiscale, ainsi que l’y autorise l’article 80 A du Livre de Procédure Fiscale. Un arsenal répressif consolidé Depuis du 1er janvier 2020, l’administration fiscale a à sa disposition un dispositif à deux étages pour sanctionner l’utilisation abusive de la loi fiscale. Figure donc à côté de l’abus fiscal pour fraude à la loi ou fictivité de l’opération menée, un dispositif applicable aux opérations à but principalement fiscal. Que dit ce texte ? Si le contribuable : a cherché par un acte à profiter des avantages prévus par un texte fiscal ou une décision fiscale, sans poursuivre un objectif conforme à celui du législateur lors de l’adoption du texte (aide à la transmission du patrimoine, accompagnement du départ à la retraite d’une personne, développement de l’implantation d’entreprises, favoriser l’investissement, …) a fait une simple application littérale d’un texte ou d’une décision avec comme objectif principal d’échapper à l’impôt ou de le réduire considérablement, l’administration fiscale pourra donner à l’acte concernée sa véritable qualification juridique et ainsi taxer l’effectivité de l’opération réalisée. Les risques d’application… Nombre de professionnels du patrimoine, se sont émus du risque de voir remis en cause les opérations de transmissions anticipées de patrimoine avec réserve d’usufruit. L’Administration fiscale a rapidement mis un terme à la polémique, en précisant dans un communiqué de presse que ces opérations ne seraient pas concernées par la procédure déjà désignée sous le nom de mini abus de droit. Une surprise, bien évidemment non la loi, elle-même, favorise la transmission de propriété démembrée, comment alors envisager de qualifiée l’opération menée d’abus de droit, sauf bien évidemment si la transmission est fictive. Fausse alerte sur cette question mais alerte tout de même. A l’avenir les opérations de donation-cession, d’apports cession, de filiation à l’étranger devront avoir une efficacité économique primant sur l’intérêt fiscal des opérations. Il est peut-être temps pour les professionnels de ne plus proposer des montages patrimoniaux s’apparentant à des produits de défiscalisation. La prudence est de se faire accompagner d’un avocat fiscaliste averti qui saura vous recommander un modus operandi conforme au cadre réglementaire et vous conseiller sur l’opportunité d’une procédure de rescrit. Cette prudence est d’autant plus de mise qu’un arrêt du 20 décembre 2018 de la cour administrative d’appel de Paris vient encore complexifier la défense d’un contribuable en portant atteinte à un pilier du contentieux fiscal : la garantie contre les changements de doctrine. Même la doctrine fiscale peut justifier une procédure d’abus de droit. Dans une décision du 20 décembre 2018 n° 17PA00747, la cour administrative d’appel de Paris, vient en effet de remettre en cause la protection absolue offerte par l’article L 80 A du LPF aux contribuables, en jugeant que la situation fiscale du contribuable, qui a appliqué à la lettre une doctrine administrative, peut néanmoins être redressée pour abus de droit. En l’espèce, le dirigeant de la société Marie-Clarence, cède les parts de l’entreprise qu’il détient à la société B lors de son départ à la retraite. Il applique un abattement de 100 % € sur la plus-value réalisée, mais l’administration fiscale conteste son droit à bénéficier de l’abattement sur le fondement de l’abus de droit. Il faut préciser que lorsque comme en l’espèce, les titres sont cédés à une société, le cédant ne doit pas posséder plus d’un 1% du capital de l’acheteur. Or, pour répondre à cette exigence, le contribuable concerné a avant son départ à la retraite, vendu les parts qu’il détenait dans le capital de l’acheteur à une SCI, dont il est devenu concomitamment le gérant. La même société civile rachètera après son départ à la retraite, l’ensemble des actions du capital de l’acheteur et le contribuable l’ensemble des parts de la SCI. L’objectif recherché par le montage : descendre en dessous de la fraction du capital de l’acheteur à ne pas dépasser pour pouvoir bénéficier de l’abattement comme le précise l’instruction fiscale commentant l’article 150-0-D du Code Général des impôts. L’administration fiscale ne l’étend pas de cette oreille, assimilant l’instruction fiscale à une décision, elle ouvre une procédure d’abus de droit. Elle estime en effet que le contribuable a fait une application littérale de l’instruction fiscale mais en ayant recours à un montage fictif. Elle conclut alors à un abus de droit, comme l’y autorise l’article L64 du Livre de Procédure Fiscale. La Cour d’appel administrative de Paris, n’hésitera pas, à prendre le contre-pieds total de la Jurisprudence du Conseil d’Etat , rendu pourtant en assemblée contentieuse dans le célèbre arrêt dit des fonds Turbo , qui excluait la possibilité de recourir à l’application de l’article 64 du Livre de Procédure Fiscale, au nom de la garantie contre le changement de doctrine si le contribuable avait fait application des conditions visées par une instruction fiscale. Elle ne semble même pas prendre la peine de solliciter son avis. Cette première brèche dans la garantie offerte au contribuable, si elle devait se confirmer, est inquiétante. On rappellera en effet que l’application littérale d’une décision, est aussi une des conditions permettant l’ouverture de la nouvelle procédure d’abus de droit. Face à cette évolution, la prudence est de mise. Nous ne pouvons que recommander de vous entourer pour des opérations non standards de l’avis de professionnels du droit et de la fiscalité. Un conseil peut sembler coûteux mais c’est une goutte d’eau à côté des conséquences financières d’une rectification pour abus de droit. Rencontrons-nous
    • AVR.
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    • L’adoption de l’article 26 de la Loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 remet sous le feu des projecteurs la question de la soumission aux prélèvements sociaux des revenus du capital des non-résidents. C’est l’occasion d’un état des lieux. Les différents épisodes 2012 : les revenus du capital sont soumis aux prélèvements sociaux La loi de finances rectificative pour 2012 a instauré l’imposition aux prélèvements sociaux des revenus du capital selon les modalités suivantes : ?     Résidents fiscaux français Le texte prévoit la soumission aux prélèvements sociaux de l’ensemble des revenus du capital imposable en France. Les revenus concernés sont les revenus du patrimoine (revenus fonciers, rentes viagères à titre onéreux…) et les produits de placement (en particulier les plus-values immobilières). ?     Résidents fiscaux hors de France Doivent être assujettis aux prélèvements sociaux, les revenus fonciers et les plus-values immobilières. 2015 : L’Union européenne s’en mêle Le 26 février 2015, la Cour de Justice de l’Union européenne , dans une décision désormais célèbre (CJUE du 26 février 2014, off C-623/13), condamne la pratique française. Elle pose le principe que les personnes affiliées à un régime social européen, ne peuvent être assujetties en France à des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et leurs produits de placement. Le 27 juillet 2015, le Conseil d’État adopte la position de la Cour de Justice de l’Union européenne et conteste la légalité des prélèvements sociaux effectués sur les revenus du capital des résidents affiliés au régime social d’un autre Etat de l’Union européenne Résistance française : la Loi de Finances pour 2016 Afin de mettre les prélèvements sociaux en conformité avec le droit communautaire, le législateur décide d’affecter le produit de ces prélèvements à des organismes qui servent des prestations de solidarité et non au financement de la sécurité sociale, permettant ainsi de maintenir l’assujettissement des revenus du capital aux prélèvements sociaux considérés dont le fait générateur intervient à compter du 1er janvier 2016 . La loi de Finances 2016, contestée par les tribunaux administratifs Dans un arrêt du 31 mai 2018 (n°17NC02124), la cour administrative d’appel de Nancy estime que les changements d’affectations budgétaires des prélèvements sociaux concernés laissent substituer un lien direct et pertinent avec certaines branches de financement de la sécurité sociale, ce qui serait contraire au principe d’unicité de la législation sociale. Pour elle, la seule circonstance que le produit des prélèvements sociaux en litige soit désormais affecté au financement de prestations non contributives ne saurait suffire à les exclure par principe du champ d’application du règlement (CE) n°883/2004 ». Le Conseil d’État a été saisi. Loi de Financement de la sécurité sociale pour 2019 (article 26) L’article 26 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 prévoit que les personnes, fiscalement domiciliées en France ou non, relevant d’un régime de la sécurité sociale au sein de l’EEE ou de la Suisse seront exonérés de CSG et CRDS sur leurs revenus du patrimoine et sur les produits de placement à condition de ne pas être à la charge d’un régime obligatoire de sécurité sociale français. Ces nouvelles règles seront applicables, par principe à compter des prélèvements exigibles à partir du 1er janvier 2018 pour les revenus du patrimoine et du 1er janvier 2019 pour les produits de placement. Des règles particulières sont prévues dans certains cas (Plus-value en report d’imposition, prélèvement à la source sous forme d’acompte par exemple). Toutes ces personnes resteront soumises au prélèvement de solidarité au taux de 7, 5 %.   Quelle stratégie adopter ? Elle va dépendre de la situation du contribuable concerné. Le contribuable est résident d’un État tiers de l’Espace Economique Européen Par une décision du 18 janvier 2018, la CJUE considère que le fait qu’une personne affiliée à un régime de sécurité sociale d’un État tiers soit soumise aux prélèvements sociaux sur les revenus du capital de source française constitue une restriction à la libre circulation des capitaux justifiée par une différence de situation objective. En conséquence, les revenus du capital de source française d’une personne soumise à un régime de sécurité sociale d’un État tiers à l’EEE sont à juste titre soumis aux prélèvements sociaux. De plus, ils ne bénéficient pas de la suppression de la CSG et de la CRDS sur les revenus du capital. La nouvelle loi ne concerne en effet que les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale européen. Le contribuable est résident d’un État de l’Espace Economique Européen Les contribuables affiliés à un régime de sécurité sociale d’un autre État de l’EEE ont tout intérêt à déposer une réclamation contentieuse auprès de leur service des impôts afin de prétendre au remboursement de la CSG et de la CRDS pour les versements ayant eu lieu à compter du 1er janvier 2017 (et du 1er janvier 2016 pour les revenus du patrimoine).   Vous souhaitez faire le point sur votre situation, déposer une réclamation fiscale, contester au tribunal votre assujettissement aux prélèvements sociaux, rencontrons-nous.      
    • MARS
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    • Réflexions sur quelques-unes des dispositions fiscales de la loi L’article 1er du titre préliminaire du projet de loi rappelle que «  Les rapports entre l’administration et les personnes, qu’elles soient administrés, usagers ou encore citoyens, ont été marqués pendant très longtemps par une inégalité trouvant son origine dans la conception régalienne de l’État. L’ « administré », être passif bénéficiaire de droits déterminés par la puissance publique, tout comme l’ « usager », bénéficiant de prestations effectuées par des services publics, se heurtaient fréquemment à l’indifférence de leurs interlocuteurs protégés par l’anonymat et à la règle du secret qui limitait la possibilité d’être informé. Ils avaient le sentiment d’être traités davantage comme des obligés que comme des titulaires de droits. »  Nous laisserons le lecteur apprécier l’opportunité de l’utilisation des mots « administré » et « usager » ainsi que celui de l’imparfait, temps qui exprime un fait ou une action qui a déjà eu lieu au moment où nous nous exprimons, mais qui peut encore se dérouler... Le Forum économique mondial classait en 2017 la France au 115e rang sur 140 , en termes de « fardeau administratif », pour la période 2016 – 2017 (130e rang en 2013 – 2014).   Les nouvelles possibilités de régularisation Rectification spontanée d’une erreur de déclaration L’intérêt de retard dû par le contribuable sur les impositions complémentaires, peut bénéficier d’une réduction de 50 % de son montant pour le contribuable qui a commis une erreur « de bonne foi » dans l’établissement d’une déclaration fiscale, et qui dépose spontanément une déclaration rectificative, en dehors de toute demande ou mise en demeure ni contrôle fiscal. La réduction de l’intérêt de retard est subordonnée au paiement des droits complémentaires dus dès le dépôt de  la déclaration rectificative ou à la date limite de paiement portée sur l’avis d’imposition s’il s’agit d’impôts recouvrés par voie de rôle (Impôt sur le revenu par exemple). Cette réduction est également acquise lorsque le contribuable qui n’est pas en mesure de payer les droits s’engage à les acquitter dans le cadre d’un plan de règlement accepté par le comptable public. Régularisation spontanée étendue à toutes les procédures de contrôle Le taux mensuel de l’intérêt et réduit de 30% de son montant si le contribuable fait la demande de régularisation en cours de vérification de comptabilité ou d’examen de situation fiscale personnelle ou encore en cas de contrôle sur pièces. Ne sont pas concernées les infractions exclusives de bonne foi . Observation : en pratique, les services considèrent souvent toute erreur comme exclusive de bonne foi: les commentaires de l’administration sur ces dispositions sont attendus.   Garantie contre les changements de doctrine   Une entreprise pourra solliciter de l’administration, au cours de la vérification de comptabilité, la validation expresse de certains points examinés par le service de vérification et qui ne donnent lieu à aucune rectification. Le bénéfice de cette nouvelle garantie suppose une demande écrite de l’entreprise et une prise de position formelle du service de contrôle (une réponse écrite). La demande du contribuable doit être précise et complète (deux notions dont les contours seront à préciser par Bercy), émaner d’un contribuable « de bonne foi » et doit porter sur les points examinés par le vérificateur. Elle doit intervenir avant l’envoi de la proposition de rectification. Le vérificateur sera seul à apprécier les points sur lesquels il peut engager l’administration fiscale compte tenu des contrôles qu’il a réalisés. Il pourra refuser de prendre position, notamment s’il considère que la demande est « trop vague » ou qu’il n’a pas examiné le sujet sur lequel porte la demande ou encore s’il ne l’a pas fait de manière suffisamment approfondie pour pouvoir prendre position formellement. Observation  : En pratique, à ce jour, le contribuable ne dispose d’aucun moyen de contrôler les points qui sont eux-mêmes contrôlés par le contrôleur et ne peut exiger de lui qu’il lui communique les points qu’il contrôle... En outre, et compte tenu de l’état d’esprit de chasseur de fraudeurs (voire de commissaire politique…) de certains vérificateurs, il est à craindre que le contribuable ne souhaite pas attirer l’attention de l’administration sur un point particulier qui aurait pu lui échapper – ce qui pourrait signifier qu’il a lui-même un doute sur le bien-fondé de sa position... L’opposabilité à l’administration de l’absence de rectification Cette nouvelle garantie a pour objectif de permettre de considérer que les points examinés par le service des impôts et qui n’auront pas fait l’objet de rectification seront tacitement validés par l’administration fiscale, ce qui interdira à l’administration de rectifier ces points à l’occasion d’un nouveau contrôle fiscal ces points. Cette garantie bénéficiera aux entreprises ayant fait l’objet d’un contrôle de comptabilité et aussi aux particuliers ayant fait l’objet d’un examen contradictoire de situation fiscale personnelle. Les points en question correspondent à ceux que le vérificateur aura lui-même expressément mentionnés   comme ne comportant ni insuffisance, ni inexactitude, ni omission, ni dissimulation dans les éléments servant de  base au calcul des impôts. Seuls les contribuables de « bonne foi » pourront bénéficier de ce nouveau dispositif. Commentaire : L’article L 57 du livre des procédures fiscales, stipule que la proposition de rectification doit être motivée de manière à mettre le contribuable en état de pouvoir formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. La doctrine administrative précise que le service de contrôle doit indiquer de façon claire dans les propositions de rectification, les motifs de droit ou de fait des rectifications , afin de permettre au contribuable de prendre position en toute connaissance de cause. Elle doit faire connaître au redevable la nature, les motifs et le montant des rectifications envisagées. Il faudra donc que la loi et la doctrine administrative soient aménagées pour obliger le vérificateur à mentionner dans la proposition de rectification les points n’ayant pas donné lieu à rectification. À défaut, cette garantie sera privée d’effet. Saisine du supérieur hiérarchique dans le cadre d’un contrôle sur pièces Un contribuable ayant reçu une proposition de rectification notifiée sous le régime de la procédure de rectification contradictoire pourra saisir le supérieur hiérarchique dans le délai de recours contentieux (soit jusqu’à trois ans plus l’année en cours, ou le 31 décembre de la deuxième année suivant celle de l’avis d’imposition). Cette saisine n’obligera pas l’administration à suspendre le recouvrement des impositions en cause qui devront être acquittées sans attendre la décision du supérieur hiérarchique. Observation : Nous attendons les commentaires de l’administration sur l’application de ce nouveau dispositif. En 2017, les contrôles sur pièces (entreprises et particuliers) représentent environ 1.100.000 dossiers. Si chaque contribuable décidait de faire jouer cette garantie… Préconisation : faire réaliser un audit de sa situation juridique et fiscale avant tout contrôle administratif (situation personnelle, professionnelle, patrimoniale…) permet de documenter le futur dossier en défense et pourra ainsi permettre d’éviter d’avoir à tester l’efficacité de ces nouvelles garanties et … la confiance de l’État ! Parlons-en ensemble !        
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